Ce pâtissier, c’est le nôtre !
« ON NE GARDE RIEN POUR SOI, ON PARTAGE »
Gaston Lenôtre est né le 28 Février 1920 à Saint-Nicolas-du-Bosc-l ‘Abbé dans l’Eure, d’une famille très connue dans le domaine de la gastronomie, puisque son père, Gaston également, était Chef Saucier au Grand Hôtel de Paris. Quant à sa mère Eléonore, elle a été l’une des premières chefs cuisinières françaises travaillant pour les Barons Pereire et Rothschild.
Pour sa première installation à son compte à 27 ans, le jeune homme fait le choix de Pont-Audemer ; il s’établit ensuite à Paris rue d’Auteuil en 1957 où il devient fournisseur de grandes familles d’industriels français. À contre-courant des entremets lourds et sucrés de l’époque, il invente une pâtisserie plus fine, plus légère, tout en respectant la tradition française. Parmi ses créations phares : l’Opéra, une ode à la musique et au raffinement, ou encore sa fameuse mousse au chocolat, d’une onctuosité légendaire. Son credo : alléger, moderniser, innover.
Il fixe tout d’abord son Laboratoire à Plaisir, ouvre une Ecole à son nom trois ans plus tard, puis transfère son laboratoire à Rungis en 2021. 3000 Maitres Pâtissiers et Maitres Cuisiniers sortent de ces formations chaque année, dont Alain Ducasse, Pierre Hermé ainsi qu’un nom bien connu des ébroïciens, le charcutier Jean-Paul bellois. Transmettre faisait partie des grands principes de Gaston Lenôtre : « On ne garde rien pour soi, on partage ».
Un grand Chef d’Entreprise qui prend vite de l’envergure : il se tourne en effet vers l’international, en créant d’abord une première filiale à Berlin, puis 52 autres établissements à travers le monde. Il ouvre aussi des restaurants aux noms mythiques tels le Pré Catalan, le Pavillon Elizée à Paris, et en 1982 il créé avec Paul Bocuse et Roger Vergé un Pavillon de France au Walt Disney Center d’Orlando en Floride.

Génial innovateur de la pâtisserie et de la cuisine française son nom évoque encore aujourd’hui l’excellence, la rigueur et la créativité.
Ce grand Normand, resté fier de sa province d’origine, a cependant fini ses jours dans sa propriété de Sologne, à Sennely dans le Loiret, le 8 Janvier 2009, laissant un Empire de saveurs et de bon goût à la française. Il a été inhumé au cimetière de Notre-Dame-de-la-Couture de Bernay dans le caveau familial, à 88 ans.
Ce pâtissier est bien le nôtre : il a porté haut l’étendard de notre Normandie en devenant un symbole du génie culinaire de notre belle région.
Pascal DOUCERAIN

