Crédits image : « Evreux-Ville. Hôtel de la Biche », carte postale ancienne.
Auteur : Ed Loncle (Évreux).
Source : Archives départementales de l’Eure — cote 8 Fi 228-549 .
Information sur les droits : L’archive ne précise pas de licence libre ni de statut « domaine public ». Il est recommandé de vérifier avec les Archives départementales de l'Eure si une autorisation est nécessaire pour la réutilisation ou la diffusion de cette image.
L’hôtel mythique de la Biche à Évreux
SI ON SE RÉFÈRE AUX « PROMENADES HISTORIQUES ET ANECDOTIQUES DANS ÉVREUX » DE L’HISTORIEN ÉBROÏCIEN HENRI LAMIRAY, L A CONSTRUCTION DE CET HÔTEL MY THIQUE D’EVREUX PRÈS DE L’ÉGLISE SAINT-TAURIN REMONTERAIT AU XVIIe SIÈCLE.
Le nom de la biche pourrait venir d’une légende en relation avec Francois 1er venu chasser sur le domaine de Saint-Germain de Navarre : Une biche poursuivie par la meute est venue, dit-on, se réfugier au pied de la Comtesse de Chateaubriand qui accompagnait le roi ; on parvint à détourner les chiens et la biche eut la vie sauve. Un autre historien, du nom de Théophile d’Avannes, fait mention par ailleurs d’un relais de chasse puis de poste à l’enseigne de la Biche situé à Saint-Germain- lès-Évreux.
Construit sur l’itinéraire historique de Paris vers la mer, l’hôtel de la rue Joséphine servit d’étape, d’abord pour les voitures à cheval, puis pour les premières automobiles des années 1900 ; celles-ci devaient, à l’époque, faire une pause régulière pour révision avant de reprendre leur périple ; le garage «Automobiline» situé juste en face de l’hôtel assurait ce service pendant que les voyageurs se restauraient.
Avant la seconde guerre mondiale on recrute caissière, cuisinier et lingère ; l’établissement s’agrandit et s’impose rapide- Pascal DOUCERAIN ment comme l’une des meilleures tables locales ; il est fréquenté par bon nombre de personnalités à l’instar de la duchesse de Windsor.
Plus récemment, dans un article paru en 1982 dans le journal Paris Normandie, Alcino Alves Pires, propriétaire de l’hôtel et personnage bien connu à Évreux, expliquait les importants travaux de rénovations et de mise aux normes effectués tout en rendant aux lieux leur lustre d’antan.
Hélas, cet édifice a connu une destinée tragique dans la nuit du 23 décembre 2008 suite à un incendie qui l’a entièrement ravagé. On a dénombré une dizaine de blessés, surtout des fractures chez des clients qui ont dû sauter des étages pour échapper aux flammes avant l’arrivée des secours.
Rapidement la nouvelle circule : on va reconstruire à l’identique mais rien n’est entrepris. Un pan de l’histoire de la ville s’écroule et laisse un grand vide.
Pascal DOUCERAIN

