Les cafés les plus chers du monde
Un prix éléphantesque : à cinquante euros l’expresso de « Black Ivory », on vous doit une explication !
En fait ce café est extrêmement rare ; il est produit en Thaïlande dans les hauteurs de la province rurale et reculée de Surin, avec la complicité désintéressée d’une dizaine de pachydermes nonchalants. Dans leur nourriture habituellement composée de riz, de bananes et de bambou est intégrée à dessein, sans que cela semble couper leur appétit, des « cerises » de caféiers thaï pur arabica. Leur système digestif fonctionne comme une mijoteuse, selon la formule du fondateur du concept. Une fois commencé, le processus de digestion peut prendre jusqu’à 3 jours en fonction de la quantité de nutriments déjà présente dans l’estomac ; pendant le transit les sucs digestifs éliminent l'amertume, suppriment une partie de la caféine et confèrent au café une singulière complexité.
Celles-ci sont ensuite nettoyées, séchées, décortiquées ; puis vient le cycle habituel de torréfaction des grains qui prennent alors une belle couleur ébène. Ce café hors norme est proposé dans les hôtels luxueux à une clientèle aventurière en quête d’expériences gustatives inédites ; les valeureux dégustateurs aux papilles exercées trouvent, parait-il, dans le « Black Ivory » des notes de chocolat, de fèves de cacao, de pêche, de tamarin, voire de thé noir.
Certains oiseaux apportent également leur aimable contribution au plaisir des amateurs de café d’exception comme le « Jacu Bird » en fournissant un travail on ne peut plus naturel : Les jacus, de gros oiseaux sauvages d’Amérique latine, ingurgitent goulument chaque jour une bonne ration de cerises de caféiers qu’ils restituent après un rapide affinage intime ; celui-ci apporte une complexité aromatique très recherchée par ceux qui considèrent qu’un café grand cru, racé, rond et riche n’a pas de prix.

